visite de la ville miniere de POTOSI
le 27 novembre 2010 : Cela fait plus de 3 mois que notre voyage a commencé. Pour moi , ca commence á faire un peu long...Le rythme est toujours tres soutenu et il est difficile de s'accrocher en permanence á tout ce qu'il y a á decouvrir. A chaque halte , on se dit qu'on ne reviendra plus á cet endroit alors on courre sans cesse. Le faire pendant 1 ou 2 mois c'est bien , mais aprés 3 mois , on fatigue un peu.
Nous sommes arrivés á POTOSI hier soir.C'est une ville pas tres jolie avec son arriere fond de cité miniere, mais avec un centre riche en eglises et jolis monuments coloniaux .Pour une fois , nous avons la chance de tomber dans une periode festive car la ville fete son bicentenaire.Aussi, nous avons assisté hier soir á une representation de danses folkloriques et ce midi , il y avait aussi des defilés de danses et de musique dans les rues. C'etait tres joli.
Ce matin , nous partons á 8h30 pour aller visiter les mines d'argent "CERRO RICO SILVER MINES". Ces mines sont exploitées depuis 400 ans.On y extrait l'argent , le plomb, le zinc, le cuivre et l'étain essentiellement. La production d'argent commence á s'epuiser et les mineurs craignent pour leur avenir, meme si les conditions de travail sont inhumaines.
Avant de visiter une des mines , nous passons au marché du coin pour acheter des petits cadeaux destinés aux mineurs qui laissent les touristes cotoyer leur quotidien. Nous achetons des feuilles de coca, des limonades , cigarettes, alcool potable et de la dynamite.Eh oui, on aura droit á un cours sur l'utilisation des explosifs en fin de visite. On les achete comme on veut á POTOSI et meme un enfant de 5 ans peut en acheter , mais uniquement dans cette ville de Bolivie.
Concernant les feuilles de coca, les ouvriers les máchent á longueur de journée.Ils enlevent la nervure centrale et placent les feuilles á l'interieur de la joue. Le suc qui passe á travers la muqueuse a un effet stimulant leger sur l'organisme.Sans cette precieuse aide, les mineurs ne pourraient supporter ni la chaleur ni l'intensité du travail. Quant á l'"alcool potable", une petite rincette de cet alcool á 96 degres avant de commencer le travail donnerait du courage...
Les mineurs gagnent leur solde en fonction du travail fourni et de la richesse en argent des pierres qu'ils extraient. Ils s'unissent parfois pour avoir un meilleur rendement. Mais les salaires fluctuent miserablement entre 2.5 euros et 7 euros /mois.
Pour se rendre compte de la penibilite du travail, il faut descendre dans la mine et c'est ce que nous faisons.
C'est donc avec un equipement complet avec bottes , casque , lampe frontale, veste et pantalon que nous suivons le guide et entrons dans l'antre de la montagne. Pour ma part, j'effectue les 400 premiers metres et demande á retourner á l'air libre tant la chaleur , la poussiere et la clautrophobie deviennent penibles. Pierre lui emplit sa mission jusqu'au bout, suivant le guide dans un dédale de veines sans aération, á une temperature de plus de 40 degres.Quant je le retrouve une 1heure30 plus tard, il est extenué, plein de poussiere et degoulinant. Et encore, il n'a visité qu'une partie des 2 niveaux sur les 6 que compte la mine.
C'est une sacrée experience¡¡¡¡
J'ai eu l'occasion de discuter avec un mineur de 55 ans qui travaille depuis l'enfance dans la mine.Il explique que les gens naissent et meurent dans la mine. A 55 ans , il a de la chance de ne pas encore avoir le cancer pulmonaire ou la silicose.Beaucoup de ses copains ont dejá été emportés par la maladie et les accidents qui sont extrememnt frequents.10 000 mineurs travaillent de nos jours dans les exploitations de Potosi.
L'apres-midi , nous visitons la "casa de la moneda", cette usine á piéces d'argent que les espagnols fabriquaient á Potosi avant de les expedier en espagne. Le musee nous permet de decouvrir la "bolivianita", jolie pierre melangeant la citrine et l'amethiste et produite exclusivement en Bolivie. Le reste de la visite nous montre les presses , les fonderies et tous les instruments necessaires á la fabrication des "macuquinas" , ces pieces d'argent ayant valeur de "reals" et pour la petite histoire , nous apprennons que le dollar americain s'est inspiré de la piece de 8 reals pour sa fabrication.
Nous rentrons á l'hotel epuises et tenterons de nous reposer un peu avant de reprendre la route pour SUCRE , appelee "ville blanche" , la capitale administrative de la Bolivie(lA PAZ étant la capitale politique). A demain donc pour de nouvelles aventures....

